Entrevues avec nos expertes du bien-être

L’ABC de la méditation: rencontre entre Eve et Nancy

Si Eve consacre une importante partie de son temps au bien-être depuis maintenant 14 ans, enseigne le yoga et partage sa passion à sa communauté à travers son blogue et ses plateformes sociales, elle s’intéresse de plus en plus à la méditation. Pour en discuter, elle s’est entretenue avec Nancy Zagbayou, professeure de yoga et de méditation, et consultante en diversité et inclusion dans le secteur du bien-être. Voici ce dont elles ont parlé.

 

Comment es-tu devenue professeure de yoga et de méditation?

Lors de mon parcours à la faculté de droit, j’ai eu l’occasion de partir en échange à Singapour. Pendant mon séjour, j’ai visité l’Indonésie, l’endroit où je suis tombée en amour avec le yoga et la méditation. Ma toute première méditation a pris la forme d’une retraite silencieuse à Bali: à 5 h du matin, je me rendais au studio et à 5 h 30 j’étais assise en position du Bouddha, prête à méditer avec le reste du groupe. Pour être complètement honnête, j’ignorais pourquoi on avait les yeux fermés. Je me souviens d’ailleurs m’être alors dit: « Qu’est-ce que je fais ici? »

Depuis cette première expérience, j’ai fait beaucoup de chemin. J’ai suivi des formations pour enseigner la méditation à Montréal et en Inde. Et même si je médite depuis plusieurs années, je me souviendrai toujours de cette première fois où je me suis jetée dans le vide avec cette retraite silencieuse de 10 jours où on passait 10 heures par jour à méditer. Cette retraite m’a d’ailleurs tout appris: les bonnes techniques et surtout, les bonnes façons d’harmoniser ma vie personnelle avec la pratique pour pouvoir l’intégrer à mon quotidien.

 

Et qu’est-ce qui t’a alors donné le goût de t’intéresser davantage à la méditation?

Après cette première expérience, j’ai beaucoup lu sur les bienfaits du yoga et de la méditation sur notre gestion du stress, notre anxiété, l’insomnie et notre estime de nous. À ce moment-là, j’avais envie d’un peu de paix dans ma tête, dans mon corps et avec les gens qui m’entourent, c’est exactement ce que la méditation me proposait. Je l’ai donc intégrée à ma vie de manière très graduelle, même si ma première expérience était tout sauf cela. C’est quand même grâce à celle-ci que ma curiosité pour la méditation est née et que je me suis demandé si je pouvais un jour atteindre la paix d’esprit qu’avaient les gens avec qui j’ai médité à Bali. Aujourd’hui, la réponse est assurément oui.

 

Parlons maintenant un peu plus de ta pratique. As-tu des techniques de méditation préférées?

En tant que professeur, j’enseigne la méditation basée sur la pleine conscience, mais la méditation que je pratique sur une base personnelle est la méditation Vipassana, une technique qui est grandement enseignée et documentée partout à travers le monde. La plupart des gens qui la pratiquent l’apprennent en participant à une retraite silencieuse, un peu comme je l’ai fait, mais d’autres en font la découverte et l’apprentissage en écoutant les cours en ligne de Satya Narayan Goenka, qui était un professeur birman-indien très connu.

 

Quels conseils donnerais-tu aux personnes qui souhaitent apprivoiser la méditation? Par où devraient-elles commencer?

Je pense que tous les moments sont bons pour commencer la méditation, mais je pense surtout qu’avant de se lancer, on doit s’assurer d’avoir beaucoup de compassion pour nous-mêmes. Il y a tellement de bienfaits pour le corps et l’âme et on ne voudrait pas passer à côté de ceux-ci parce qu’on est trop exigeants envers nous-mêmes. Je suggère à celles et ceux qui souhaitent se lancer dans la méditation d’y aller tranquillement… mais de manière constante. S’asseoir en silence pendant cinq ou dix minutes fait une différence quand on le fait tous les jours, mais évidemment, le but est d’être en mesure d’augmenter le temps qu’on accorde à l’exercice. Oh! Et conseil super important: les personnes qui souhaitent le faire à la maison doivent s’assurer d’avoir un endroit tranquille pour le faire en silence.

On est tous différents et il est important de le comprendre. Moi, j’ai commencé de manière très intense avec une retraite de dix heures de silence par jour, mais tout le monde ne peut pas commencer de cette façon et c’est très correct. Encore une fois, la clé est de s’écouter, de comprendre et de respecter nos limites. Je dirais donc que de commencer en intégrant une méditation de 5 à 10 minutes à sa routine, d’observer ce qui se passe dans notre tête, notre corps et à l’extérieur de ceux-ci puis d’augmenter la durée est une bonne façon de faire.

Une fois assis, prêt à débuter la séance, qu’est-ce qu’on fait? Y a-t-il des étapes à suivre pour faciliter la méditation?

La première étape est de s’asseoir sur quelque chose de confortable, de garder la colonne vertébrale bien droite et d’ouvrir suffisamment la cage thoracique afin de pouvoir respirer facilement. La deuxième est de fermer les yeux et de tenter de se concentrer sur l’air froid qui entre par nos narines ainsi que l’air chaud qui en sort.

Une fois cela fait, notre esprit essayera de passer d’un sujet à l’autre. En méditation, on aime comparer l’esprit au ciel et les pensées aux nuages. C’est un peu comme si on prenait le temps d’observer les nuages, tout en revenant continuellement à notre respiration pour rester dans le moment présent.

 

Dis-moi, ta vie est-elle différente depuis que tu pratiques la méditation?

Bien entendu! Notre esprit est constamment en train de sauter du passé au futur et le simple fait d’être capable de se concentrer sur le présent est un accomplissement en soi. Il est aussi toujours partagé entre ce qu’il veut et ce qu’il ne veut pas. Se concentrer sur ce qu’on a est un deuxième accomplissement duquel je suis fière. Grâce à la méditation, j’accepte mon présent et j’augmente mes chances de l’apprécier. Ça ne veut pas dire que je ne changerais rien, mais je le prends dans le confort comme dans l’inconfort. Dans le fond, la méditation me permet d’accepter mon présent, dans son entièreté!

 

Finalement, quels conseils donnerais-tu aux personnes qui, à la lecture de cet article, souhaitent commencer à méditer?

Je leur dirais qu’il est super important de ne pas se fixer des objectifs qu’on ne peut atteindre et surtout, qu’on ne doit pas voir la méditation comme un remède à un symptôme spécifique. Quand on médite, on laisse derrière nous tout le reste et on s’investit pleinement dans la pratique parce qu’on ne sait jamais ce qu’elle pourrait nous apporter. Quand on a des attentes trop précises, on prend une chance d’être déçu. Mais si on fait seulement commencer à méditer, il y a pas mal de chances qu’un jour on se réveille en se disant que cela nous a changés.

 

 

Si Ève et Nancy s’intéressent au bien-être que procure la méditation, elles sont toutes deux d’accord que prendre soin de nous va au-delà de cette pratique. Apprenez-en plus sur les différentes façons de contribuer à votre bien-être global en lisant nos prochains articles qui traiteront cette fois des 4 autres piliers du bien-être, soit la nutrition, la maison, le mouvement et la beauté.

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