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Plaisir gustatif et alimentation intuitive: discussion entre Virginie et Julie

Si aucune des deux femmes ne s’avoue experte de l’alimentation intuitive, toutes les deux partagent une conception similaire de l’alimentation selon laquelle on doit davantage écouter notre corps que notre tête lorsque vient le temps de manger. Toutes deux anciennes gymnastes, elles se décrivent aujourd’hui comme des gourmandes assumées. Portrait de cette rencontre menée par Virginie.

Que représente l’alimentation intuitive pour toi Julie?

 

Le corps humain est une machine extraordinaire que l’on devrait écouter davantage lorsque vient le temps de manger. Pourtant, on le met souvent de côté pour se fier à plein d’autres facteurs externes comme les diètes, l’heure des repas et la valeur nutritive des aliments. Au lieu de l’écouter, on intellectualise aussi l’acte alimentaire en se posant mille et une questions. Pourtant, le seul qui puisse nous dire ce qu’on devrait manger et en quelle quantité, c’est notre corps. Ce que j’aime de l’alimentation intuitive, c’est qu’elle nous fait réaliser tous les faux pas qu’on peut faire lorsque vient le temps de manger. 

Je suis certaine que tu seras d’accord avec moi lorsque je dis que l’alimentation intuitive est surtout une manière consciente de manger.


Tout à fait! En ce moment, au lieu de manger parce que c’est bon, on se trouve des raisons pour le faire: on mange du poisson parce que c’est riche en Oméga-3 ou des légumes puisqu’ils contiennent beaucoup d’antioxydants bénéfiques pour prévenir des maladies. C’est la même chose du côté des émotions. Quand on est tristes, on mange. Pour célébrer une occasion, on mange. Après une chicane, on fait la même chose.

L’alimentation intuitive peut représenter un gros défi pour toutes les personnes qui sont déconnectées de leur corps, qui ont fait beaucoup de régimes et qui ont toujours mangé de manière restrictive. Retrouver une harmonie avec les aliments et s’éloigner de la restriction ou de l’obligation, c’est un long processus.

 

 

Les exemples que tu donnes sont super intéressants. On mange tellement de manière inconsciente qu’on se rend même plus compte qu’on le fait avec des restrictions.


Sais-tu ce que j’aime dire? Plus il y a de plaisir par bouchée ou gorgée, moins il y a de bouchées et de gorgées. Le plaisir, c’est aussi de prendre le temps de sentir les aliments et de les mastiquer pour en apprécier chaque saveur. Quand on fait cela, ça nous permet entre autres de manger plus lentement, en plus de nous aider à détecter le rassasiement plus facilement.

 

L’alimentation intuitive, c’est pas juste ce qu’on met dans notre assiette ou ce avec quoi on se nourrit: c’est réellement un mode de vie et même avec l’aide de spécialistes, il faut se lancer pour savoir comment l’apprivoiser.

 

Tu l’as bien dit! C’est beaucoup plus large qu’un guide ou qu’un modèle alimentaire. Plus on mange en pleine conscience, plus on est habiletés à respecter son corps. Mais encore là, il faut faire abstraction de ce qui a autour de nous. En écoutant la télévision, ou en travaillant sur le coin d’une table, on n’est pas pleinement connectés avec notre assiette.

Et par où commencer quand on souhaite commencer à pratiquer l’alimentation intuitive? Quels sont les fondements de cette manière de s’alimenter?


Avant toute chose, il est important de se poser des questions sur la relation qu’on entretient avec la nourriture. Une personne qui a une relation plus ou moins saine avec celle-ci, comme quelqu’un qui se restreint beaucoup ou quelqu’un qui mange avec ses émotions, doit comprendre la cause de cette relation avant d’essayer l’alimentation intuitive . Dans ces cas, pour y arriver, l’aide d’une psychologue ou d’une nutritionniste est recommandée, voire parfois essentielle.

L’alimentation intuitive se base sur dix grands principes. Selon moi, la base de celle-ci réside principalement dans deux principes dont le premier est de rejeter la mentalité des diètes amaigrissantes. Il faut se faire davantage confiance; on a tous les outils nécessaires pour être capables d’optimiser notre alimentation et de se nourrir adéquatement en termes de qualité et de quantité. En faisant cela, on doit également faire un travail pour respecter un deuxième principe, qui est d’arrêter de penser qu’il existe de bons et de mauvais aliments. 

 

Je trouve cela super important d’aller chercher l’aide d’un ou d’une spécialiste, et c’est souvent ce que je recommande aux gens qui m’entourent, parce que ce n’est pas simple de se départir de ce qu’on nous a répété toute notre vie à propos de certains aliments. 

Le défi est double: d’un côté, on doit honorer sa faim, mais d’un autre, on doit reconnaître sa satiété. C’est un gros défi pour beaucoup de gens parce qu’on prend peu le temps de manger, qu’on a presque tous été élevés avec la phrase « Termine ton assiette, sinon tu n’auras pas de dessert! », qu’on nous a appris qu’il y avait trois repas par jour et qu’on devait manger à des heures récurrentes. Pourtant, la logique est de nourrir son corps quand il a faim, peu importe l’heure de la journée. Et pourquoi continuer à le nourrir s’il n’a plus besoin d’énergie? C’est du gros bon sens, mais mon dieu que ce n’est pas toujours facile à faire!

 

As-tu des trucs à donner aux familles qui trouvent cela compliqué d’honorer leur faim et leurs préférences alimentaires alors qu’ils sont cinq autour de la table?

D’abord, honorer sa faim et sa satiété, tout le monde peut le faire, peu importe ce qu’on a dans notre assiette. Pour certaines personnes, cela va demander plus de pratique, mais fondamentalement, on a tous les outils nécessaires pour le faire. Évidemment, on ne peut pas toujours manger ce dont on a envie, mais l’idée de penser aux repas de la semaine en équipe allège la tâche de la personne qui prépare les repas, et surtout, permet à tout le monde de manger des aliments qu’ils aiment beaucoup. Pour le faire, c’est aussi simple que d’ouvrir la circulaire et de demander à ses enfants les légumes ou les sources de protéines qu’ils ont envie de manger durant semaine, par exemple! En faisant participer nos enfants, ils ont l’impression d’être écoutés et donc, l’aversion ou le refus alimentaire devient plus rare. Une pierre deux coups!

L’alimentation intuitive n’a pas à être « parfaite » et suivie 24 heures par jour, 365 jours par année. L’idée est d’apprendre à se reconnecter à son corps, à l’écouter et à honorer ses désirs et sa faim. Il est normal de faire des excès alimentaires à l’occasion, et ce n’est pas grave. C’est comme tout le reste, il faut trouver notre équilibre et surtout, ne pas se taper sur les doigts quand on est imparfaits. Manger est un plaisir, assurons-nous qu’il le demeure!

L’alimentation intuitive donne des ailes à une philosophie alimentaire en laquelle Virginie et Julie croient particulièrement: celle qui stipule que le plaisir se doit d’être au coeur de notre alimentation. Mais si c’est vrai lorsque vient le temps de manger, ce l’est également lorsque vient le temps de bouger, de prendre soin de notre peau, de notre esprit et même de notre maison. Apprenez-en plus sur les différentes façons de contribuer à votre bien-être global en lisant nos articles en lien avec chacun des quatre autres piliers du bien-être.

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